Douce France…

Mais que se passe-t-il en France ?

Tous les jours, sur les forums dédiés aux jeunes expatriés, je lis la complainte du français qui en a marre de son pays et souhaite partir car il n’aime plus la France. Je ne compte plus les fois où j’ai lu : « ce n’est plus mon pays », « ce pays ne me ressemble plus » sur les divers sites traitant de l’expatriation que je parcours.

Je l’avoue, moi aussi en partant au Québec j’ai ressenti un certain soulagement de me dire « ouf, plus à subir la morosité des commerçants près de chez moi », « plus à travailler jusqu’à 19h tous les soirs », « plus à ressentir le climat humide des Pays-de-la-Loire », « plus de comptes-rendus sur les aventures de la télé-réalité », « plus à être agacée par l’administration française », « plus de retard de TGV », etc. Moi aussi j’y ai pensé à tous ces inconvénients que je n’allais plus rencontrer. J’ai même pensé que l’herbe était plus verte chez le voisin. Je me suis accrochée à l’idée qu’au Québec la qualité de vie est meilleure car on subit moins de stress au travail, les espaces verts sont immenses, le climat est sec, les gens sont accueillants et prévenants et les paysages sont reposants. J’aurais peut-être même pu comprendre la complainte du français qui en a marre de son pays.

Mais l’expatriation donne un tout autre regard sur son pays d’origine. Quand je lis ses français qui se plaignent de leur pays, j’ai mal au cœur. Pas mal au cœur comme quand on est à l’arrière d’un bus de tourisme sur une route de l’Alpe d’Huez. Mal au cœur comme quand on voit un ami s’éloigner de soi.

Parce que la France elle me manque chaque jour que Dieu fait. J’ai pesté contre les retards de TGV, mais nous en sommes l’inventeur et nulle part ailleurs un tel réseau existe. J’ai pesté contre la crise financière qui me relègue au rang des gens quasi payés au SMIC après une grande école. Mais la France reste cinquième puissance mondiale, ne l’oublions pas. J’ai trouvé long ces débats sur le mariage entre personnes de même sexe, mais nous sommes le quatorzième pays au monde à le mettre en place. Dans ma tête j’ai insulté mon boulanger qui faisait la tronche un vendredi matin, mais nous avons les meilleurs croissants au monde et moi aussi, souvent, je suis fatiguée le vendredi matin. Enfin j’ai pu être soulagée de m’éloigner de la France car il y règne parfois une intolérance que j’exècre. La France me manque mais je n’oublie pas qu’un français sur cinq a voté Front National aux élections présidentielles et que des milliers d’extrémistes ont défilé contre le mariage gay.

Je sais que l’être humain est ainsi fait : toujours en manque de ce qu’il vient de quitter, toujours en quête de trouver mieux que ce qu’il vient d’acquérir.

J’ai quitté mon pays et je le regarde aujourd’hui avec philosophie. Je vois notre propension à manifester comme l’expression de notre tempérament latin et sanguin. Je vois notre facilité à nous plaindre comme la rébellion qui s’est éveillée en mai 68 et a transformé le visage de notre société. Je vois notre lenteur administrative comme le symbole d’un État qui demeure puissant et possède une histoire millénaire, forcément créatrice d’inertie. Je vois notre exigence comme un sens de la sophistication. Je perçois notre crise comme un manque de recul sur le fonctionnement de nos Institutions et notre nature capricieuse qui souhaiterait que les choses se terminent avant même d’avoir commencé. J’analyse notre difficulté à parler argent et politique comme l’héritage d’années de gouvernance aristocratique pendant lesquelles une petite élite possédait toute la richesse.

J’aimerais dire à tous ces auto-proclamés oubliés de la réussite, à ces râleurs et ces aspirants expatriés que partir ne doit pas être fuir. S’expatrier ne doit pas être se sauver. Partir à l’étranger doit simplement permettre de grandir. De vivre une autre vie dans un contexte différent pour apprendre que parfois, chez soi, c’était au moins aussi chouette que ce qu’on est en train de découvrir.

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Kénavo les bouseux ! Jour 2

Suite et fin de notre week-end familial à Montréal.

Le deuxième jour, Lara nous a quitté pour retrouver des amis qu’elle a rencontré aux quatre coins du monde. Comme quoi le Québec attire vraiment des jeunes de tous les pays ! Et à Montréal, il n’est pas rare d’entendre l’accent français quand on se promène.

Cette journée a débuté par une belle promenade dans le vieux Montréal après une nuit dans un hôtel assez spécial. Si vous allez à Montréal, je vous le déconseille : c’est le Celebrities, rue St-Denis.

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Nous avons également visité Chinatown.

Nous avons également visité Chinatown.

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Nous avons aussi passé une partie de la journée dans le superbe musée des beaux arts de Montréal. Seule l’exposition temporaire est payante. Les autres pavillons, quatre au total, sont tous gratuits. Ce qui est vraiment appréciable. Il nous a fallu presque 3h pour en visiter un seul !

Puis Adrien et moi sommes rentrés à Sherbrooke en laissant mes parents à Montréal avant leur vol retour vers la France. Une séparation tristounette. Nous attendons désormais la visite de la famille d’Adrien pour la fin de cette semaine.

Et donc finalement, c’est pour quand le printemps ?

Le proverbe « en avril ne te découvre pas d’un fil » nous est apparu comme une évidence cette semaine.

Vendredi, nous avons eu droit à une mini tempête avec une accumulation au sol d’une dizaine de centimètres de neige. Et vendredi prochain, selon toute vraisemblance, il devrait faire 20°C. J’essaie d’y trouver une logique, mais je n’en trouve pas. Alors ici, on se laisse porter par les aléas de la météo qui rythment nos conversations tout autant que notre garde-robe.

Vendredi dernier, chose à noter tout de même : les québécois que je connais ont râlé plus forts que les français que je connais. Ils ont pesté contre l’hiver, ou le printemps pourri, ou les deux; bref, contre le mauvais temps. Des québécois qui se plaignent plus que les français, je crois que je n’avais jamais vu ça ! Je me sentais presque philosophe à regarder tomber la neige sans broncher.

Mais surtout, je crois que je ne suis pas lassée du paysage enneigé et des températures fraîches car je suis encore étrangère à ce climat. Chaque tempête nous plaît puisqu’on l’observe avec nos yeux de visiteurs, d’européens qui découvrent la nordicité.

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Ces photos sont prises à côté d'une ferme de Bury, près de Sherbrooke. Nous y sommes allés avec Aurélie et Yohan, nos nouveaux amis ! Ceci dans le but de nous renseigner sur les produits bio qu'ils vendent.

Ces photos sont prises à côté d’une ferme de Bury, près de Sherbrooke. Nous y sommes allés avec Aurélie et Yohan, nos nouveaux amis ! Ceci dans le but de nous renseigner sur les produits bio qu’ils vendent.

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Celles-ci sont prises de mon bureau.

Celles-ci sont prises de mon bureau.

Kenavo les bouseux ! Jour 1

Partir de Sherbrooke pour aller à Montréal, c’est un peu comme quitter la province pour visiter Paris. On se dit quelque chose du genre : « Kenavo les bouseux, moi j’monte à la vraie ville ! »

Visiter Montréal me fait redevenir un peu enfant : « Oh des grands magasins, oh des lumières partout, oh des grands immeubles, oh des petits cafés cosy avec des bobos à l’intérieur ! » Ça me fait l’effet d’une grande bouffée d’air pollué dont j’ai finalement besoin de temps en temps.

Lors du dernier week-end avec mes parents, nous sommes allés à la grande ville ! Nous y avons retrouvé Lara, une amie d’enfance rencontrée à Lyon et qui était de passage au Québec. Le hasard fait parfois bien les choses puisque nous ne nous étions pas vues depuis 6 ans, d’après mes calculs !

Pour bien commencer la journée, nous sommes allés au Mont-Royal. Le point culminant de Montréal avec un belvédère qui donne une vue imprenable sur le centre-ville et le St Laurent. (J'crois même qu'on aurait pu voir Sherbrooke au loin tellement il faisait beau ce jour là !)

Pour bien commencer la journée, nous sommes allés au Mont-Royal. Le point culminant de Montréal avec un belvédère qui donne une vue imprenable sur le centre-ville et le St Laurent. (J’crois même qu’on aurait pu voir Sherbrooke au loin tellement il faisait beau ce jour là !)

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Il y avait même de l’eau sous forme liquide ! Rendez-vous compte, après des mois de gel ça fait tout drôle !

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Pour poursuivre la journée, et aussi parce qu'il ne faisait pas non plus 40° C, nous avons flâné dans les sous-terrains. Une vraie ville sous la ville !

Pour poursuivre la journée, et aussi parce qu’il ne faisait pas non plus 40° C, nous avons flâné dans les sous-terrains. Une vraie ville sous la ville !

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Pour terminer la journée, nous sommes allés boire un verre aux Foufounes électriques. Bar bien connu de Montréal. Ma mère y a peaufiné son jeu de billard !

Pour terminer la journée, nous sommes allés boire un verre aux Foufounes électriques. Bar bien connu de Montréal. Ma mère y a peaufiné son jeu de billard !

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Retour à notre hôtel ensuite après un bon dîner au resto Modavie. Sauf qu’ils n’avaient que du tiramisu en dessert et moi j’aime pas ça…

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Le Mont Tremblant en famille

Bonjour à tous,

pour le week-end de Pâques, nous sommes allés au Mont-Tremblant dans la magnifique région des Laurentides.

Les Laurentides, c’est où ? C’est au nord de Montréal. Une région où les stations de ski sont très nombreuses : St Sauveur, Ste Agathe, etc.

Avant de partir, je savais juste que les Laurentides, eh ben, c’est beau et que le Mont-Tremblant, eh ben, c’est mignon ! C’est donc sur ces solides bases que nous nous sommes aventurés là-bas en compagnie de mes parents.

Donc ça, c'était la vue de notre chambre d'hôtel.

Donc ça, c’était la vue de notre chambre d’hôtel.

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A Mont-Tremblant, au mois d’août, il y a un triathlon distance Ironman. Mais heureusement que c’est l’été, ça évite aux tri-athlètes d’avoir trop froid dans le lac. Parce que là il devait pas être chaud…

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Nous avons cherché désespérément, tout le week-end, des chemins où marcher. Mais ils étaient tous trop enneigés. Et on n'avait pas emmené les raquettes. En plus une fois on s'est fait gronder parce qu'on n'avait pas payé alors qu'il fallait payer pour aller dans le sentier. Bref, on a fait nos touristes !

Nous avons cherché désespérément, tout le week-end, des chemins où marcher. Mais ils étaient tous trop enneigés. Et on n’avait pas emmené les raquettes. En plus une fois on s’est fait gronder parce qu’on n’avait pas payé alors qu’il fallait payer pour aller dans le sentier. Bref, on a fait nos touristes !

Quand on arrive à Mont-Tremblant, la station de ski, ça fait un peu Disneyland.

Quand on arrive à Mont-Tremblant, la station de ski, ça fait un peu Disneyland.

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Mont-Tremblant c'est un peu le Courchevel 1850 du Québec si vous voyez ce que je veux dire. Il y avait plein de gens chics avec des manteaux en fourrure et tout, et tout.

Mont-Tremblant c’est un peu le Courchevel 1850 du Québec si vous voyez ce que je veux dire. Il y avait plein de gens chics avec des manteaux en fourrure et tout, et tout.

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Tel père, telle fille.

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Ma Chevrolet a encore fait son intéressante ce week-end là. Le dimanche, un monsieur nous fait signe que la roue ne va pas droit à l'arrière. Nous attendons donc le lendemain pour aller chez Canadian Tire (un genre de Norauto amélioré si vous voulez) qui, heureusement, était ouvert le lundi de Pâques. Il nous a changé la jante et on était repartis ! Plus de peur que de mal !

Ma Chevrolet a encore fait son intéressante ce week-end là. Le dimanche, un monsieur nous fait signe que la roue ne va pas droit à l’arrière. Nous attendons donc le lendemain pour aller chez Canadian Tire (un genre de Norauto amélioré si vous voulez) qui, heureusement, était ouvert le lundi de Pâques. Il nous a changé la jante et on était repartis ! Plus de peur que de mal !

C’est quoi les traditions du coin ?

Bonjour, bonjour

Une des plus grandes traditions du printemps québécois est la cabane à sucre.

Une cabane à sucre est un endroit où on fabrique des produits de l’érable dont le fameux sirop. Avant de venir au Québec, je n’aimais pas trop le sirop d’érable. Mais c’est parce que j’en avais goûté du industriel de chez Auchan qui n’est vraiment pas bon, comparé à celui qu’on goûte ici. D’ailleurs c’est presque comme si ce n’était pas le même produit tant il a un goût et une texture différente au Québec.

Mes parents étant arrivés depuis une semaine à Sherbrooke, nous sommes allés à la cabane à sucre en famille vendredi dernier. C’est dans le petit village de Dudswell-Marbleton que nous sommes partis nous « sucrer le bec ».

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Au menu, tenez-vous bien : soupe aux pois, fèves au lard, marinades au sirop, œufs pochés dans le sirop, œufs brouillés, jambon, oreilles de crisse entrelardées, crêpes au sirop d'érable et beignets.

Au menu, tenez-vous bien : soupe aux pois, fèves au lard, marinades au sirop, œufs pochés dans le sirop, œufs brouillés, jambon, oreilles de crisse entrelardées, crêpes au sirop d’érable et beignets.

On termine le repas par la tire sur la neige. On étale du sirop bouillant sur la neige et on le ramasse avec une palette en bois pour former une sucette.

On termine le repas par la tire sur la neige. On étale du sirop bouillant sur la neige et on le ramasse avec une palette en bois pour former une sucette.

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Dans l'érablière, il y a plein de tuyaux bleus plantés dans les arbres pour en récolter la sève qui donnera le sirop.

Dans l’érablière, il y a plein de tuyaux bleus plantés dans les arbres pour en récolter la sève qui donnera le sirop.

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le très joli lac d'argent à proximité

le très joli lac d’argent à proximité

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