Apprendre à s’en foutre.

Je ne vous rabâcherai pas les oreilles avec l’affaire François Hollande / Julie Gayet. Mais j’aimerais profiter de l’actualité pour rédiger ce billet sur ce que j’apprends aux côtés d’une autre culture chaque jour. J’ai la chance de venir d’un pays que j’aime infiniment, qui m’a énormément apporté et qui m’apportera encore beaucoup. Ce billet n’est en rien une critique de mon pays, simplement un regard sur ce que je peux en apprendre ou en comprendre, vu d’ailleurs.

J’ai la chance actuellement de vivre dans un autre pays ou plutôt une province (le Québec) où les relations hommes-femmes sont égales. J’entends par là, vraiment égales. Les québécoises gagnent comme les québécois, les québécoises P-D-G sont sûres d’elles-mêmes, les québécoises ne prennent plus le nom de leur mari depuis belle lurette et le mariage est, au Québec, de moins en moins répandu car ici, pas besoin de se passer la bague au doigt pour être considéré, aux yeux de tous et de la loi, comme un couple uni et officiel. (Et aussi bonjour les frais d’avocats en cas de divorce) Loin de moi l’idée de critiquer le mariage soit dit en passant.

Alors forcément, quand on évoque les love-affairs à la française, ici, ça suscite de l’incompréhension. Mais aussi et surtout, ça suscite du « ben là, on s’en sacre-tu d’avec qui il couche le président ?! » autrement dit « on s’en tape de cette affaire ». Et c’est ce que j’ai envie d’en retenir de cette histoire d’amour, de fesses, de passion, d’amourette ou que sais-je encore, entre notre président et une actrice. Il serait dans la lignée de nos Mitterrand, Sarkozy, Chirac et consorts, notre président ? Je ne sais pas. N’est-ce pas plutôt la fonction qui veut ça ? La personnalité ? L’abnégation, le sacrifice ? Les hommes politique et les hommes de pouvoir sont, avant tout, des hommes qui vivent tout à 200 000 à l’heure, qui perçoivent ce que la plupart ne perçoit pas, qui possèdent une sensibilité hors-du-commun, une énergie inhumaine et qui vivent pour leur passion : la politique; mais aussi pour leurs passions, au pluriel. Je n’excuse rien, je ne justifie rien. Je dis juste que j’aimerais qu’on arrive à s’en foutre de qui couche avec qui. J’aimerais que les cabrioles du président ne nous intéressent pas plus que la nouvelle tapisserie du voisin ou la nouvelle machine à laver Whirlpool. (Et je suis sûre qu’il y en a qui s’en foutent déjà.)

J’aimerais aussi revenir dans mon pays avec cet apprentissage de relations hommes-femmes égalitaires et sereines. J’aimerais qu’on ne me traite pas de « chienne de garde » si je décide de conserver mon nom de famille après mon mariage et qu’on ne me perçoive pas comme excentrique si ma robe de mariée est rose, rouge, noire ou bien si c’est un pantalon que je porte ce jour-là.

J’aimerais que la vie de chacun reste à sa place, et que, dans une certaine mesure, tout le monde se foute la paix.

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7 réflexions au sujet de « Apprendre à s’en foutre. »

  1. Malheureusement, une majorité ou bien une minorité, en fait , je ne sais plus, ne fonctionnent pas ainsi. Ce pays qui réclame à corps et à cris, sa république, sa démocratie, sa liberté d’expression !!! c’est être aveugle que de dire que ces valeurs existent encore vraiment, je dis bien , vraiment. Au quotidien, dans ce que je vis, ou ce que j’observe, le pays de mon enfance n’existe plus. Alors à quoi ressemblera t’il dans un avenir proche ??!!!

  2. Il est dangereux de dire que la république, la démocratie ou la liberté d’expression n’existent plus vraiment. Pensons à ceux qui vivent sous des dictatures ou des régimes hostiles, ils nous trouveraient surement très gonflés et capricieux de nous plaindre de notre situation. Et puis, entre nous et, soit dit sans offense, je préfère le statut de la femme en France aujourd’hui que celui de quand tu étais encore enfant.

    • Il est dangereux de ne pas s’apercevoir que ce pays est « malheureux ».
      Je vois nos personnes âgées, alors qu’elles ont vécu les années de guerre, ont combattu, ont subi les privations, aujourd’hui sans le sou, même avec le peu d’aide de nos institutions, cela ne suffit pas. Je vois des couples où l’un des deux est gravement malade, hémiplégie, le plus difficile à supporter est l’incompétence d’une assistante sociale qui leur lance à la figure, ces mots là : « estimez vous heureux d’avoir travailler et donc cotiser pour prétendre à une aide même minime…!!! » …..je vois des familles démunies car rien ne bouge.. je vois un monsieur jeune tétraplégique qui a attendu un an avant de pouvoir s’asseoir dans son fauteuil roulant … etc… et je ne te parle pas de la condition des malades dans les hopitaux et par la même la condition des soignants… la liste est longue. Si cette société n’est pas capable d’avoir au moins du respect pour toutes les personnes dont je viens de parler ci dessus, cette société va très mal… et elle va très mal !!!

  3. Je suis bien d’accord avec toi charlotte, et je pense vraiment qu’on a d’autres questions à traiter en ce moment que les problèmes de couple de notre président. Soit dit en passant, si cette « aventure » permet à François Hollande de se sentir mieux, de mieux réfléchir et d’être performant dans sa fonction de président, je vote pour !!!! et oui Charlotte, si l’on apprenait à s’en foutre ?

  4. Évidemment qu’on s’en fout des coucheries de notre président. J’ai juste une pensée émue pour La souffrance de Valérie trierweiler. Tous les présidents précédents ont eu des aventures mais on respectait les épouses légitimes en n’etalant pas sur la place publique leur déconvenue.

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