La nostalgie ridicule

Vous le savez, l’être humain est ainsi fait qu’il se plaint de l’endroit ou des choses qu’il voit tous les jours, mais quand il en est loin, ces éléments lui manquent.

A force de vivre loin de la France, on développe (et dans ce « on » je me permets d’inclure Adrien, ça m’étonnerait qu’il ne soit pas d’accord avec moi) ce que j’appelle des nostalgies ridicules. Des petites choses du quotidien français nous manquent alors même que lorsqu’on les avait encore à proximité, elles nous étaient insignifiantes, parfois même agaçantes. C’est à ce moment-là qu’on se surprend à fantasmer sur une Danette au chocolat, une tablette de chocolat Poulain, une barquette de lardons Fleury-Michon, des galettes toutes faites que tu achètes chez Intermarché… Même ton Intermarché finit par te manquer : celui où tu trouvais de la pâte à tartiner Ovomaltine et du fromage en coupe à 2 euros, celui dans lequel tu avais une carte de fidélité qui t’a permis de t’offrir ton premier gaufrier.

Si un jour on m’avait dit qu’une Danette me ferait rêver ou qu’une barquette de lardons me manquerait, franchement… Et encore, je n’ai pas à me plaindre car au Québec on trouve de tout dans les supermarchés et les produits sont grosso modo très similaires à l’Europe/la France. Facile d’y trouver du pain, de la baguette, du fromage, de l’entrecôte, du Boursin, etc., etc. Il y a des expatriés bien plus à plaindre de ce côté là.

Il se passe aussi parfois des choses complètement contradictoires dans ces nostalgies ridicules. Prenons, par exemple, Paris. J’aime Paris, je trouve que c’est une des plus belles villes du monde et il s’y passe un nombre incroyable de choses que j’ai envie d’y faire chaque semaine. Pour autant je n’avais pas vraiment aimé y vivre durant l’année que j’ai passé là-bas. Et voilà qu’aujourd’hui, après y avoir passé deux jours pour le nouvel an, notre belle capitale me manque. J’aimerais aller m’y promener, y manger, y dormir, y sentir sa frénésie, son stress des heures de pointe, et surtout j’aimerais y profiter de sa façon de vivre : ses cafés, ses restaurants, son architecture, sa nuit animée, sa Tour Eiffel. Voilà. Si on m’avait dit un jour que la Tour Eiffel me manquerait franchement j’aurais cru rêver.

J'ai eu de jolis petits présents souvenirs qui me font passer pour une chauvine au Québec et pour une touriste en France...

J’ai eu de jolis petits présents souvenirs qui me font passer pour une chauvine au Québec et pour une touriste en France…

Adrien dit parfois que les parisiens pur beurre ne cessent de critiquer Paris mais ne peuvent pas concevoir de vivre ailleurs. Peut-être que je suis une vraie française, du coup. Des fois, France, je te trouve un peu agaçante, mais je ne peux pas vivre sans toi.

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2 réflexions au sujet de « La nostalgie ridicule »

  1. Je ne pensais pas un jour t’entendre dire  » j’aime Paris « , après tout ce que tu auras pu dire sur elle, c’est une ville qui a besoin de temps pour être appréciée. En tout cas, au plaisir de vous revoir à Paris où à Sherbrooke on ne sait jamais.

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