Sherbrooke-les-flots

Depuis notre arrivée au Québec, nous avons la chance d’expérimenter des activités nouvelles que nous ne pourrons probablement pas reproduire ailleurs. Je pense notamment à la cabane à sucre, au traîneau à chiens, au pelletage de neige, à la tarte au sucre et bien d’autres choses.

Parmi ces activités, on retrouve aussi l’expérience de vivre quatre saisons en quatre jours consécutifs. Voici un résumé de notre semaine :

– lundi : 25 degrés et soleil (été);

– mardi : pluie, grisaille et 10 degrés (automne);

– mercredi : neige, pelletage et – 2 degrés (hiver);

– jeudi : 12 degrés et soleil (printemps).

Le printemps québécois est un peu capricieux. Cette année ne fait pas exception. Les montagnes russes climatiques ainsi que la fonte des glaces mélangée à la pluie ont causé des inondations dans tout le Québec et particulièrement chez nous. Dans le centre-ville de Sherbrooke, il y avait des canards sur la rue King-Ouest : un axe principal et jeudi soir des habitants faisaient du canoë sur la rue des Grandes-fourches habituellement empruntée par les voitures. Une personne a même fait du ski nautique en pleine rue (l’art de voir le bon côté des choses):

http://tvanouvelles.ca/lcn/lebuzz/archives/2014/04/20140415-143447.html

L’est de Sherbrooke était totalement inaccessible si on venait de l’ouest, et vice-versa car la rivière qui « sépare » Sherbrooke en deux avait débordé. Les deux extrémités de la ville étaient coupées par une gigantesque étendue d’eau.

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Parmi les expériences cocasses que je citais plus haut, il y a donc aussi le ski nautique en pleine rue ! À tester ! 😉

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S’en aller en élections

Salut à tous,

point trop de nouvelles ces derniers temps. Notre petite routine québécoise a continué. Nous avons le droit à un temps plutôt printanier depuis maintenant 10 jours. Les températures positives sont de retour et la neige a presque complètement fondu en ville. Nous nous sommes exclamés « oh de la pelouse ! »; « oh des vagues sur le lac »; « oh le chant des oiseaux ». Ça fait du bien au moral et aux pommettes qui redeviennent un peu plus roses.
Nous avons eu des dernières semaines fort occupées à suivre l’actualité politique en France et au Québec. Nous avions à la fois un œil sur les tweets du Monde et l’autre sur Radio-Canada. Car, s’il y a eu les municipales et le remaniement ministériel en France, les québécois ont très récemment changé de premier ministre, eux aussi suite au déclenchement d’élections provinciales un an et demi après les dernières.
Ç’a été très intéressant de suivre deux campagnes et surtout deux élections dans deux pays différents en quasi simultané.

Attention, parallèle boiteux : c’était un peu comme quand on suivait les J.O ! Nous encouragions les français ET les canadiens; autant dire qu’on n’a jamais autant été devant la télé qu’à cette période !

Au delà des avis partisans, je voulais revenir sur les principales différences entre les élections au Québec et les élections en France et les choses assez cocasses que j’ai pu observer.

– Une des principales différences est le mode de scrutin. Les québécois ont élu leurs députés en un tour seulement à la suite d’un scrutin uninominal majoritaire;
– Comme il n’y a qu’un tour, le débat électoral télévisé réunit tous les chefs de partis qui, à ma grande surprise, se montrent très disciplinés lors de l’exercice. Débat qui est organisé deux fois : une fois sur la chaîne publique et une autre fois sur la chaîne privée;
– Les québécois votent en cochant une case sur un bulletin regroupant tous les noms et non en mettant un bulletin dans une enveloppe;
– Au Québec, on peut voter une semaine avant, cela s’appelle le vote par anticipation. On n’est jamais à l’abri d’une tempête le jour du « vrai » vote. Il y avait même des bureaux de vote installés dans les universités pour que les étudiants aillent voter;
– Ici, il existe une action qui s’appelle le pointage. On appelle les électeurs pour faire un pointage et connaître qui sera sympathisant, adversaire ou indécis et on rappelle les sympathisants peu avant le vote ainsi que le jour du vote pour leur dire d’aller voter sans toutefois faire de la propagande. Ça en fait des numéros de téléphone à composer;
– Les résultats sont annoncés à partir de 20 h au compte-goutte car tous les bureaux de vote ferment à 20 h. Ce qui rend l’atmosphère encore plus électrique. Pas de grande annonce du résultat provisoire à 20 h comme dans l’hexagone;
– Pour les élections provinciales, le vote a lieu un lundi (du coup cette semaine-là j’ai été décalée d’un jour toute la semaine ayant l’habitude d’avoir des élections le dimanche);
– Il n’y a pas d’isoloir avec un grand rideau dans lequel on s’enferme, juste un petit paravent léger derrière lequel on coche le bulletin de vote;
– Il n’y a pas de panneaux réservés aux affiches électorales. Elles fleurissent donc partout sur les poteaux électriques. Elles doivent être enlevées, au plus tard, 15 jours après le scrutin;
– Le taux de participation des québécois aux élections est bien plus fort qu’en France, et pourtant c’est un lundi. Alors pas d’excuses pour nos chers compatriotes !

Il faut dire que les encouragements sont là. Une pâtisserie de Montréal offrait un beignet gratuit à ceux qui fournissaient une preuve de vote.

J’ai aussi noté quelques expressions particulières comme : « S’en aller en élections », « Partir en élections »; « Le bureau de votation » ou encore « Faire sortir le vote ».

Bon week-end les amis !